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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 06:46




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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 00:00






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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 07:17











Christian Bobin


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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 16:13



Je suis fou de pureté.

Je suis fou de cette pureté

qui n'a rien à voir avec une morale,

qui est la vie dans son atome élémentaire,

le fait simple et pauvre d'être pour chacun au bord des eaux de sa mort noire et d'y attendre seul,

infiniment seul,

éternellement seul.

La pureté est la matière la plus répandue sur terre.

Elle est comme un chien.

Chaque fois que nous ne nous reposons sur rien que sur notre coeur vide,

elle revient s'assoir à nos pieds, nous tenir compagnie.

C.B.

 


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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 12:58



                                                         Photo de Grégory Colbert


 

Les mères par instants cessent totalement d'aimer leurs enfants. Impatientes, épuisées ou déçues, elles sortent de l'amour une seconde puis y reviennent à la seconde suivante, comme on franchit d'un pas allègre un abîme qu'on n'a pas vu. Nous sommes la cause d'un tel désastre de Dieu: excédé, il nous a laissés à notre nuit pour une seconde qui semble durer des siècles. Il ne nous reste plus qu'à attendre la seconde suivante où il nous reprendra.


Christian Bobin
Ressusciter
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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 13:20




La misère dont témoignent nos attachements n'est pas à reprocher à l'amour. Il vaudrait mieux se demander ce qui nous rend si difficile d'aimer quelqu'un sans aussitôt l'attacher à notre sort, ce qui revient à se demander pourquoi il nous est si difficile d'aimer.


Christian Bobin
L'éloignement du monde

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 18:22

 


Merci Rhapsodie
de m'avoir permis de me souvenir de la petite châtelaine...






"Les statues du musée Rodin , à Paris , exhibent leurs muscles sur le parquet ciré d'une vieille demeure et devant les arbres du jardin. Les mains des touristes caressent les fesses de bronze et leur donnent un brillant que rehausse la lumière d'automne. Au-delà de son sujet apparent, chaque statue exprime la brutale confiance en soi du sculpteur et son orgueilleuse croyance dans les puissances de l'art. Accaparant tout l'espace, elles font de l'éternité une salle de musculation . Et puis il y a une pièce, une seule, accordée à l'oeuvre de Camille Claudel, comme une chambre à part. Elle n'aura guère eu plus de place dans la vie de Rodin. Ses statues dansent, brûlent, appellent. Leur matière frémit comme un voile imperceptiblement soulevé par une respiration légère. Le buste de "la petite châtelaine", à lui seul, recueille ce que l'enfance a de plus déchirant. On lit sur ce visage une innocence qui pressent qu'elle sera trahie et rassemble ses forces avant de recevoir le coup fatal. C'est ce que dit cette oeuvre dont la grandeur ne doit rien au monde ni à l'art - tout à un Dieu désespérant de jamais pouvoir nous atteindre".

Christian Bobin
Ressusciter

En souvenir aussi de merveilleux moments passés entre amis dans le Gers à visiter l'exposition sur Camille Claudel cet été , et des retrouvailles de ce printemps...

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 07:20






Il suffirait d'avoir la patience et la paix blonde des grands champs de blé, leur consentement aux grâces mouvantes du vent et des lumières.

Et que nos coeurs chaque jour s'ouvrent à  la fraîcheur et à l'éclat des coquelicots.

A ces fragiles taches rouges, à ces larmes de vie que personne ne provoque et qui viennent pourtant, imprévisibles, au beau milieu des champs, au beau milieu des jours , de nos jours.

Parce que tu existes, même dans les lointains, comme ce rouge dans les blés sages, aperçu depuis une route, tu les inquiètes .

Dieu est aussi frêle que ces coquelicots que, pour leur profit, les hommes veulent arracher de la terre.

Ceux qui entrevoient ta pureté ne comprennent pas ta faiblesse. Ils se demandent pourquoi le plus pur est aussi le plus mortel.

Ils craignent la mort plus que tout, sans voir qu'il y a une chose plus redoutable encore : une vie sans amour.

La mort nous purifie. Quand nous mourons, tout le mal que nous avons fait s'évapore comme une buée.

Comme le coquelicot déchire l'étoffe trop riche des blés, tu brûles le linge, brodé à nos initiales, de notre trépas.

Tu es l'attaquant par grâce, l'incroyable insurrection du rouge de l'esprit dans notre coeur éteint.

Tu es un tigre de douceur.

J'ai un travail ruisselant à faire avec toi.


Christian Bobin
Le Christ aux coquelicots


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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 07:34









"Ce qui est perdu de l'enfance, ce n'est pas vraiment perdu.



C'est perdu, oui, mais comme peut l'être la lumière du soleil, quand le soleil bascule au raz de l'horizon:





votre vie en est transfigurée, saisie dans une douceur orangée et, maintenant c'est la nuit, l'âge adulte.





Mais on sait bien que le soleil n'est pas mort.

Il est parti faire un tour, voilà tout.









Il nous faut simplement aller dans le noir, chercher ce lieu en nous que la nuit n'atteint pas, cet autre versant des choses - et du coeur."




 


Christian Bobin
La merveille et l'obscur




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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 08:17

 

 

 

 

 

 


Devant les livres, la nature ou l'amour, vous êtes comme à vingt ans: au tout début du monde et de vous.

C.Bobin


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