Dans " L'obligation de conscience " , Yvan Amar décrit " La relation consciente " ...
"1- Lorqu'on reconnaît un argument du réel et qu'on le pratique comme forme du souvenir , du rappel , après L'AUDITION intervient LA CONSIDERATION , qui se fait de façon solitaire et intériorisée .
On ferme les yeux , et ce qui a été reconnu et recueilli précieusement de la bouche du maître , ou de l'intuition que l'on peut avoir eue soi-même - qui n'appartient pas au domaine de la pensée , de l'émotion , de la sensation -, celà qui a été reconnu peut alors , à l'intérieur de nous , se développer par cette méditation et travailler comme un ferment.
C'est ce qu'on appelle le feu de la fermentation .
Comme le levain qui fait lever la pâte , l'argument de réel qui est précieusement conservé , entretenu comme une flamme intérieure , gardé comme la flamme divine , est nourri , alimenté par le recueillement et l'attention dirigée .
Ce feu - là agit comme un ferment et développe un feu intérieur transformateur .
Mai celà ne suffit pas , et celà seul serait dangereux . D'une certaine façon , ce vécu intime lié aux fermentations de ce feu -là va devoir se vivre dans la relation à l'autre , dans la matière et la manifestation , pour s'incarner et s'intégrer - ainsi vous évitez le risque que celà vous monte à la tête et vous déstabilise .
2- C'est là qu'intervient le deuxième feu , celui qui apparaît dans la relation et que l'on appelle le feu de la FRICTION , la FRICTION CONSCIENTE . C'est à travers l'expérimentation de ce qui est ressenti dans la fermentation , en situation vivante dans la relation à l'autre , que se vit le feu de la friction . C'est ce que j'ai appelé la "relation conciente" , le vécu de la relation consciente .
C'est la pratique du SOUVENIR dans un quotidien conscient , où la matière même de ce quotidien qu'est la relation devient le support du rappel , le support du souvenir .
Il est indispensable que ces deux aspects soient présents dans le travail . C'est ce qu'on appelle , dans toutes les traditions métaphysiques , l'aller et le retour .
Pour qu'une ouverture de la conscience ne soit jamais en décalage avec notre vécu et notre expérience quotidienne , il faut qu'il soit intégré , absorbé dans le quotidien , afin que nous soyons véritablement transformés par ce vécu un peu exceptionnel .
C'est celà la gestion correcte du feu . (...)
Il faut bien le surveiller . Il ne faut pas qu'il soit trop bas ou trop fort , il en est de même en cuisine . Cette dimension , cette exigence de l'aller et du retour nous oblige à la matière , nous oblige au monde."