
"A mesure que nous avançons dans la vie , que nous comprenons mieux l'insuffisance des choses les meilleures pour rassasier les ardeurs de notre âme , nous devenons plus indifférents aux biens du monde ; nous les poursuivons d'un pas plus ralenti , nous souffrons moins et moins longtemps de leur perte ; certaines émotions se sont émoussées , nous nous sentons vieillis . En effet , je désire moins l'objet de mes rêves , lorsque je découvre un objet qui lui est supérieur , cet autre objet dût-il me causer moins de transports par le fait qu'il est invisible et indéfinissable : mais être plus calme n'est pas être moins vivant; il y a dans la tranquilité du sage qui contemple la vie dont il ne dépend plus , autant d'ardeur et d'espérance que dans la passion fougueuse de l'adolescent .
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Se détacher , ce n'est pas devenir moins capable d'aimer , mais bien renoncer à aimer ce qui n'en vaut pas la peine . Le détachement de parti pris est une erreur : on ne se détache pas par la volonté : au contraire , plus on veut renoncer à une chose , plus on y tient . Le détachement voulu n'est qu'un mensonge envers soi-même dont , tôt ou tard , la nature trahie se vengera . Il n'y a d'efficace que le détachement naturel , qui est le produit logique de nos expériences . Ce détachement graduel ne risque jamais de briser nos forces vitales , parce qu'il est proportionné à nos progrès spirituels"
Jeanne de Vietinghoff
L'intelligence du bien