
-Vous dites qu'il faut "Ecrire , pour réparer l'irréparable"...
- Oui , d'abord l'accepter , l'irréparable. Le regarder. Le contempler en tant que tel . Ne pas chercher de consolations illusoires. Ne pas se précipiter pour venir en aide. Mais, d'abord, regarder, et si l'on est devant un mur, le voir. S'il est aussi haut que le ciel, le reconnaître. C'est quelque chose qui amène un profond changement intérieur. Cette "acceptation" n'est pas une résignation, mais une vue. C'est la vue qui guérit, la vision vraie. Pas l'illusion, même si parfois la vérité est que nous n'avons pas de solution. Mais le reconnaître, le formuler change tout. Comme si savoir que la porte est fermée, et l'accepter, vous la faisait traverser ! Or, la racine de la vue , c'est la contemplation. Et la racine de la contemplation , c'est l'attention.
Christian Bobin