C'est une chose étrange que l'absence . Elle contient tout autant d'infini que la présence . J'ai appris cela dans l'attente, j'ai appris à aimer les heures creuses , les heures vides : c'est si beau d'attendre celle que l'on aime . Il y a le coeur qui gronde , qui cogne de joie , qui est comme un chien devinant le retour de son maître . Et puis il y a les pensées . Elles sont dépêchées par le coeur , elles lui reviennent chaque seconde , comme autant de noires messagères . Elles troublent la fête , car c'est une fête d'attendre . Elles disent que l'on espère en vain , que notre désir s'est perdu et qu'il est déjà bien tard. Alors on est là , comme toujours dans la vie , entre l'instinct qui simplifie tout , qui va au plus vite , au plus loin , et cette poussière des pensées proches , sur le chemin . On est là , comme celui qui marche dans son rêve . Comme lui , on est immobile .